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Portrait : Emelyne Bahu, seconde place du prix Poster 2021 de la Cellule R&D

Emelyne Bahu, étudiante en troisième année à l’ISIFC, a remporté la seconde place au prix Poster 2021 de la Cellule R&D grâce à son travail sur le sujet “Optimisation de la chimie de surface d’un biocapteur pour réduire l’adhérence bactérienne et protéique”, sous la tutelle du chercheur Vincent Humblot au département MN2S de l’institut FEMTO-ST.

Emelyne nous fait part de son expérience au sein de la Cellule R&D, module d’enseignement de 2ème et 3ème année à l’ISIFC.

Son projet

Le sang est un liquide complexe qui est composé de nombreuses molécules et micro-organismes différents, le rendant ainsi particulièrement difficile à analyser. La constitution du sang révèle pourtant une potentielle présence d’anomalies, permettant la détection et le suivi de nombreuses pathologies, c’est pourquoi les biocapteurs se sont développés ces dernières années.

Un biocapteur est un dispositif d’analyse composé en surface d’un élément biologique de reconnaissance (enzyme, anticorps…), interagissant avec l’élément à analyser, et d’un élément transducteur qui va transformer en signal électrique cette interaction. Des éléments parasites peuvent cependant se fixer de manière non spécifique et venir perturber les mesures, c’est la problématique principale aujourd’hui en matière de développement des biocapteurs.

L’objectif du projet dont Emelyne a fait partie est de réduire cette adhérence non désirée par l’addition de composés hydrophobes à la surface du capteur en niobate de lithium. En effet, la majorité des liquides biologiques complexes étant hydrophiles, l’utilisation d’une surface hydrophobe empêcherait la fixation non spécifique des éléments indésirables hydrophiles dans ce liquide. À terme, ce projet permettra donc de développer des biocapteurs plus précis et pouvant répondre à des demandes plus variées.

Interview d’Emelyne Bahu

Quel est ton cursus scolaire ?

Post-bac, je me suis tout d’abord orientée vers une classe préparatoire BCPST (​​Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre). Je souhaitais développer mon affection pour les sciences humaines en intégrant une école d’ingénieur en relation avec ce domaine, j’ai alors postulé à l’ISIFC.

Pourquoi tu t’es spécialisée dans le domaine du dispositif médical ?

J’ai toujours développé une passion pour le domaine médical, j’ai alors cherché à intégrer une école en accord avec mes objectifs professionnels et c’est ainsi que j’ai connu l’ISIFC.

Pourquoi avoir choisi la Cellule R&D de l’ISIFC ?

J’ai depuis longtemps une curiosité certaine pour le monde de la R&D et le fait d’évoluer au sein de projets. Malgré une appréhension en premier lieu, mon envie profonde de mener des expériences scientifiques avec une certaine autonomie m’a amené à postuler à ce module.

Pourquoi avoir choisi ce projet R&D ?

C’est l’aspect expérimental qui m’a le plus plu. Effectivement, je souhaitais pratiquer en laboratoire, ce qui était possible avec ce projet à dominante chimique. De plus, la chimie étant une matière scolaire peu développée à l’ISIFC, mais une de mes favorites, j’ai vu en ce projet l’occasion de m’en rapprocher pour approfondir mes connaissances.

Quels sont ses plus grands enjeux ?

Ce domaine niche que sont les biocapteurs piézoélectriques en niobate de lithium, à l’avantage de présenter une large gamme de molécules greffables.

À long terme, l’amélioration des biocapteurs permettra de détecter plus de composés dans les liquides complexes (sang, lymphe, urine, etc) qu’auparavant et élargira donc ses applications au sein des laboratoires d’analyse et des hôpitaux.

À plus court terme, ce projet s’inscrit au sein de la thèse d’une doctorante de FEMTO-ST, Olivia Ben M’Barek, anciennement étudiante à l’ISIFC, qui a pour objectif d’améliorer les biocapteurs, et plus précisément de fonctionnaliser leur surface. Dans ce but, sa voie de recherche principale s’oriente vers l’addition de composés hydrophobes sur la surface de ces capteurs afin d’empêcher la fixation des molécules parasites, dites non spécifiques.

La plus grande difficulté que tu as dû surmonter ? 

Dans les premiers temps, j’éprouvais une forte hésitation à aller demander de l’aide ou des informations auprès de mes tuteurs, Vincent Humblot et  Thérèse Leblois, ce que j’ai rapidement pu résoudre en m’intégrant davantage à l’équipe et au projet.

Au niveau technique, les résultats inconsistants de certaines de nos mesures ont fortement ralenti l’avancée du projet. La recherche des causes de tels phénomènes a été longue, nous avons dû envisager plusieurs explications, c’est un des fondements de la recherche ! Nous avons finalement pu identifier le problème et rebondir dessus.

Si tu devais résumer la Cellule R&D en trois mots, quels seraient-ils et pourquoi ?

Expérimenter-Autonomie-Intégration (au monde de la recherche).

Qu’est-ce que la Cellule R&D t’a apporté ?

Globalement je dirais des précisions et confirmations concernant mon projet professionnel, mon expérience au sein d’une équipe de chercheurs m’a confirmé mon appétence pour ce domaine, c’est ainsi qu’aujourd’hui je suis convaincue de vouloir poursuivre dans cette voie.

Sur un autre plan, j’ai étendu mes compétences de conduite de projet en autonomie, que ce soit sur la planification des expériences ou la rédaction de protocoles. J’ai également pu eu l’occasion de mener des expériences en salle blanche, ce qui est rare pour un ingénieur qui n’est pas encore diplômé.

Et maintenant, quels sont tes projets d’avenir ?

Après le diplôme, trouver un travail dans le domaine de la R&D.

Un petit conseil à transmettre aux futurs ingénieurs de R&D ?

Ne pas hésiter à communiquer avec son tuteur, qui guide les voies de recherches afin de faire évoluer le projet dans le bon sens, et optimiser son temps en se fixant une organisation précise.

Le point de vue du porteur de projet, Vincent Humblot

Quelles sont les clefs de la réussite d’un projet R&D d’après vous ?

Il y a plusieurs points essentiels.

Il est préférable, bien sûr, que le projet de recherche choisi par l’étudiant(e) soit en adéquation avec ses attentes et qu’il l’intéresse au plus haut point afin qu’il(elle) s’implique à fond dedans.

L’étudiant doit faire preuve d’autonomie et de bonne gestion de son temps, en particulier s’il mène des expériences qui se terminent en dehors des créneaux prévus pour la cellule R&D. Il est intéressant de mettre à profit ses méthodes de travail acquises dans ses précédents stages, notamment en matière de recherches bibliographiques. Il faut en effet savoir allier recherches bibliographiques et expériences pour pouvoir les confronter et faire avancer au mieux un projet.

Les qualités pour faire partie d’une unité de recherche ?

Autonomie, curiosité, pugnacité et envie.

Une anecdote sur le projet ?

Dans le cas précis d’Emelyne, cela pourrait être au niveau de la préparation du Gala de l’ISIFC et en particulier des séances de répétition de danse dans le laboratoire, un moment de détente agréable de mon point de vue…

Un petit mot pour conclure ?  

Le format proposé par la cellule R&D est un très bon moyen pour les étudiants de découvrir le monde de la recherche et de s’intégrer à une équipe pluri-disciplinaire, il faut continuer de le proposer !

Merci à tous les deux pour avoir répondu à nos questions !

Pour en savoir plus sur la Cellule R&D, vous pouvez consulter la page dédiée sur le module de formation.

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